12.03.2008

Comte rendu de ma journée d'hier et un peu de celle d'aujourd'hui

Compte rendu de ma journée d’hier et un petit peu de celle d’aujourd’hui.

Hier, ma petit T. (enfin, petite c’est une façon de parler car elle fait 15 bons cm de plus que moi et la dernière fois qu’elle est passée au tableau pour écrire la date en espagnol, j’ai pas réussi à l’effacer..). Bref, je disais donc que ma petite T. est arrivée hier en cours avec des béquilles. Je lui ai bien évidemment demandé ce qui lui était arrivé et elle m’a répondu qu’elle s’était cassé la rotule et moi de lui demander  « comment » et elle de répondre « ben, je me suis assise.. ». J’ai donc jugé indispensable de prendre 5 mn sur le cours et de leur rappeler à quel point il est dangereux de s’asseoir et qu’on le leur dira jamais assez…Attention s’asseoir peut nuire à la santé !

Sinon, pendant la récré, les profs ont proposé de lancer un mouvement de grève  national car la machine à café est en panne. Sur le petit écran, elle (la machine à café) affiche :  « no café’s grains »..Les profs d’anglais sont sur le coup et essayent d’élucider la signification de cette phrase mystérieuse.

Pendant la pause de midi, Bethoveen (prof de musique) a déclaré « ils sont plus gros et meilleurs".. Rimbaud  et moi on a pris la phrase hors contexte et ça nous a bien fait rire..Quant  à Bethoveen il a déclaré qu’il parlait des sandwichs de la boulangerie d’à côté de l’église.

Hier soir, j’avais deux conseils de classe de 3ème. Le principal a donné à Baudelaire une feuille sur laquelle il devait cocher le vœu d’orientation de l’élève et la proposition du conseil de classe . A un moment donné, alors qu’on débattait depuis un temps certain sur le passage ou non d’un élève en seconde, Baudelaire a haussé le ton et a demandé « alors, que cochons-nous ? »..forcément moi ça m’a fait rire..et la prof de dessin aussi..mais bon elle c’est parce qu’elle est un peu space..elle a déclaré en parlant d’un élève « il est hors du principe de réalité »…j’ai toujours pas compris..

Et aujourd’hui, en descendant les escaliers, j’ai croisé Bethoveen (encore lui) dire à des élèves « si vous voulez je peux vous en fournir ». Je lui ai fait remarqué en salle des profs que s’il en avait de la bonne il pourrait faire tourner à ses collègues aussi mais il a détourné le sujet en voulant me faire croire que se dont il parlait c’était de photocopies..ouais, ouais..

 

Allez, je vais faire une sieste, chuis crevée moi..

05.02.2008

C'est pas la fête des mères mais...

Aujourd’hui, je voudrais rendre un hommage vibrant à ma mère. Mais, pas de crainte à avoir je vais pas faire dans le mélodrame, non non. Je ne veux pas remercier ma mère pour la superbe femme que je suis aujourd’hui car, faut pas déconner non plus, mon capes c’est moi qui me suis bougé le cul pour l’avoir et  puis je vais pas non plus la remercier de n’avoir été capable que de faire une seule fille mince aux yeux bleus (ma sœur) et moi je peux compter sur ma beauté intérieure comme on dit, hein…

N’empêche que..ma mère c’est une comique à elle toute seule..elle fait même des blagues sans le savoir, c’est vous dire. Mais, avant toute chose, faut quand même rétablir deux ou trois vérités…Ma mère (ainsi que mon père, mais bon lui il est moins drôle) est arrivée en France à l’âge de 16ans et elle  a appris le français sur le tas…et comment dire ben le tas en question il devait pas être doué en grammaire..

La preuve par l’exemple : pour ma mère tout est masculin..et oui qu’elle parle de ma sœur ou du voisin ça sera toujours « il » alors que pourtant elle sait bien faire la différence entre un garçon et une fille. Au début, les gens qui sont pas habitués ça les choque un peu faut dire « oui alors tu vois ça c’est ma fille, Carmen, IL est prof d’espagnol… »..et puis là tu sens que les gens se disent « ah ouais je me disais aussi, une fille avec la moustache c’est pas possible… »

Sinon il lui arrive aussi de se tromper dans des expressions ou des trucs du genre. En fait elle croit bien faire et montrer que malgré tout elle parle aussi bien que n’importe quel français sauf que des fois, ben c’est raté..Un jour, elle était au tél et elle racontait l’histoire d’une de ses amies profs d’EPS qui avait surpris un élève dans les vestiaires en train de fouiller dans le sac d’un autre élève pour y piquer un truc. Donc ma mère fini son récit en le ponctuant d’un bien senti « il  (garçon ? fille ? Rhinocéros ?) a été pris en flagrant délire »…là pour le coup le gros délire c’est moi qui me le suis tapée parce que c’était bien drôle !!

Sinon y’a la fois où elle nous racontait à ma sœur et moi que jesaisplusqui était parti en famille en « Laponésie »….alors le défi du jour :  vas-y cher lecteur, cherche la Laponésie sur une carte et reviens me voir pour me dire ousseke ça se trouve ce pays…..

 

 

 

 

 

 

J’attends….

 

 

 

 

Toujours rien ?

 

 

 

 

 Tu trouves ?...

 

 

 

Tu sais pourquoi tu trouves pas ?..Non ?...je vais te le dire  moi : PARCE QUE CA EXISTE PAS…ça te les péte hein ?

Ma sœur et moi on lui a dit « écoute maman, assis-toi on va t’annoncer un truc encore plus grave que le fait qu’on va jamais se marier….la Laponésie ça n’existe pas ! »  « Ah bon ? Et c’est comment qu’on dit alors ? » « ça dépend d’après ce que tu dis c’est soit la Laponie soit la Polynésie, mais c’est pas du tout pareil »…silence…  « c’est le pays où il fait froid ! »..BINGO !!!!

 

Vous conviendrez donc avec moi qu’il était nécessaire  de rendre cet hommage à ma mère parce que sinon j’aurais pas su quoi écrire aujourd’hui…

27.01.2008

le prestige de l'uniforme

Lundi dernier la brigade d’intervention contre la délinquance juvénile est intervenue (c’est le cas de le dire) dans mon collège pour parler des risques de la drogue. J’ai été chargée d’accompagner la classe de 4ème que j’avais à ce moment là, une classe adorable dois-je dire. On arrive dans la salle où a lieu la présentation, mes élèves s’assoient et selon une tradition urbaine bien ancrée dans les mœurs collégiales, les 3 premiers rangs étaient vides… vont direct tous au fond..allez savoir pourquoi…alors, le plus jeune des deux gendarmes prend sa voix la plus douce et son air le plus aimable (oui c’est de l’ironie) et leur dit (avec l’accent du sud) « là-bas au fond, vous vous avancéeuh il reste des placeuh devant, allez hop on se dépêche ! »..Mes pôv’ 4ème s’exécutent  , fissa…bref voilà qu’à peine installés, ma petite blonde se met à bavarder et je lui dis « oh Barbie tais toi steuplé » et là le schtroumpf  en rajoute une couche et lui dit « oui, toi tu vas changer de placeuh parce que tu vas me crispé et quand je me crispeuh j’ai la main qui pars toute seule ! »…………..le ton est donné, la bonne humeur et la confiance étant établies on a pu commencer.

 

Tout d’abord, le gendarme a tenu à faire une mise au point sur la différence cruciale entre un policier et un gendarme, à savoir qu’un gendarme est avant tout un militaire…ça change tout, hein ?..Ensuite, il a agit avec beaucoup de tact, de diplomatie et de pédagogie en leur demandant « la drogue, ça vous intérresseuh ? »  C’est sûr qu’un lundi matin, à 9h30, des petits collégiens qui se retrouvent  face à deux gendarmes en uniforme qui leur demandent s’ils sont intéressés par les drogues ben ils sont vachement mis en confiance..Y’a eu un moment de profond silence (moi je me mordais les joues pour pas rire tellement ils avaient l’air terrifiés) et puis le gendarme a du (enfin !) se rendre compte que c’était pas une bonne question et il a demandé : « vous connaissez quoi comme drogue ? ». C’était un peu mieux comme question sauf que personne ne voulait répondre, redoutant sans doute que s’il (ou elle) cite une drogue serait immédiatement suspecté d’en consommer. Finalement , le petit Coco a brisé la glace en citant le cannabis et la cocaïne (le reste de la classe n’a pas manqué de le regarder avec un regard un peu inquisiteur..) puis les autres ont osé se lancer et nous voilà partis à citer nombre de substances illicites (et licites puisqu’ils ont classé l’alcool et le tabac comme des drogues). A un moment donné le gendarme leur demande s’ils connaissent le GHB. Il leur explique qu’on l’appelle aussi la drogue du violeur car se sont souvent des hommes qu’ils la mettent (sous forme de poudre ou sous forme de liquide) dans le verre d’une femme pour pouvoir abuser d’elle ainsi. Mais, il a rajouté qu’aussi certaines femmes utilisaient du GHB dans le verre des hommes mais pas pour abuser d’eux. IL a leur donc demandé dans quel but une femme pourrait faire ça..Moi j’ai tout de suite senti venir le truc mais pas mes élèves qui sont restés perplexes. Alors, le gendarme, tout fier, leur a dit « pour leur prendre leur carte bleue car comme tout le monde le sait (à ce moment là il s’est tourné vers moi pour finir sa phrase) les femmes sont vénales ! »Heureusement pour moi, le tiers des élèves ne connaissant pas la signification du mot « vénale » zont pas tout compris mais moi j’y ai répondu sur un ton faussement agacé « bien sûr…. ».Passons.

 Le gros de la présentation portait sur le cannabis et n’empêche que j’ai découvert un truc, si si. Le gendarme a expliqué qu’il existait trois sortes de cannabis dont une qui ne se fumait pas mais qui était utilisée dans la construction des maisons. Il leur a dit que s’ils cassaient les murs de chez eux ils y trouveraient sûrement du cannabis mais que pas la peine de le fumer, il n’avait aucun effet stimulant. En voilà une bonne nouvelle ! Ensuite , il leur a demandé s’ils connaissaient la composition du cannabis…silence…il leur a donc demandé qu’est-ce-qu’on pouvait bien mélanger à la plante pour qu’à la fin on obtienne cette couleur marron….silence…..(moi, là, je commençais à rire intérieurement car je connaissais, et oui encore une fois , la réponse et j’attendais avec impatience la réaction des élèves)..il leur demande donc « shit, en anglais, ça veut dire quoi ? ». A ce moment là, quelques cris de dégoût ont commencé à s’entendre et le gendarme a eu un petit sourire satisfait « et oui ça veut dire merde. Quand vous fumez du shit, vous fumez de la merde ! »Un « beurk » général s’est soudain fait entendre et le gendarme était tout fier d’avoir, enfin, fait une blague drôle..enfin, drôle….bref il a expliqué que le gros du cannabis étant produit au Maroc  beaucoup de chameaux parfois mangeaient les plantes et pour qu’il n’y ait pas de perte  les producteurs de cannabis récupéraient les excréments des chameaux !

 

Le thème de l’alcool a aussi été abordé. Il a été expliqué que si un jour, lors d’une fête l’un d’eux faisait un coma éthylique il était inutile de vouloir le réveiller à coup de baffes, ni de lui jeter un seau d’eau froide à la figure et encore moins d’y mettre un doigt dans la bouche car si la personne ivre est soudain prise d’un spasme elle peut vous couper le doigt d’un seul coup de dents. Deuxième « beeuuuurk !! ».La seule chose à faire est d’appeler le samu et de faire un lavage d’estomac à la personne. Et, je dois dire que là le gendarme a trouvé un argument qui va en dissuader quelques uns de prendre une cuite dans les mois à venir « et quand on vous fait un lavage d’estomac, on vous met un tuyau comme ça par la bouche » et il a illustré la taille du tuyau en question  avec ses mains en mimant un tuyau d’à peu prés 50 cm !..Troisième « beuuuuuuuuurrrkk ! ». Et là, y a un élève qui savait pas si rire ou vomir qu’à demandé à revoir la taille du tuyau et, effet d’hallucination ou pas, je crois bien que le gendarme a rajouté 15 bon cm par rapport à sa première démonstration !!

Sinon on a eu droit aussi à des photos sur différents cancers que provoquent le cannabis (et le tabac) donc des photos de cancer de la bouche, de la gorge avec des photos de bouches immondes, des langues coupées…Quatrième « beeeuuuuurkk » ! (pour le coup j’en faisais partie aussi !).

Bref, bilan : des petits 4ème qui ne connaissaient pas grand-chose  sur les drogues on appris en une heure qu’il valait mieux consommer des plants de cannabis femelles que mâles (ou l’inverse, m’en rappelle plus !) car plus stimulants, que s’ils voulaient abuser d’une fille y’avait qu’à mettre du GHB dans son verre, qu’ils avaient du cannabis sous la main en détruisant à coup de marteaux les murs de chez eux et qu’enfin s’ils voulaient faire décuver un copain y’avait qu’à lui mettre dans la bouche un tuyau d’arrosage et d’ouvrir l’eau … Sinon je laisserai le mot de la fin au deuxième gendarme (parce que si t’as suivi lecteur, au début j’ai dit qu’ils étaient deux mais c’est toujours le même qui a parlé).Le deuxième gendarme est donc resté l’heure assis sur une table à mâchouiller un chewing-gum et quand je les ai remercié à la fin de l’heure (oui je suis polie quand même..) m’a répondu (toujours en mâchouillant) « ouais, faut pas qui zy touchent à c’te merde… »